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SAINZELLE
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SAH
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LA
DOUBLE
VIE
DE
PETE
TOWNSHEND
Un délicieux roman, comme le dit si bien son éditeur.

────  L'auteur  ────

Christophe Sainzelle est né trop tôt ou trop tard, le 12/12/66. Cette mystérieuse et prometteuse suite de 12 n’a pas eu l’effet escompté et a peu bouleversé la marche du monde.
Huckleberry Finn local, en plus mal habillé, il pose son premier acte de rébellion à l’âge de huit ans en disparaissant à jamais pendant une heure dix dans la forêt toute proche.
Employé du mois, musicien fantasque entre 14h15 et 14h30, acteur désintéressé du film qui se tourne autour de lui, il utilise son bouclier de pensée magique pour être bien peinard à l’abri.
Sorte de Léonard de Vinci ébouriffé, il travaille actuellement sur les plans d’une machine à aller dans l’au-delà. (Et à en revenir si ce n’est pas terrible.)
En attendant, après quelques chroniques et nouvelles ici ou là, il vous encourage à mettre un billet sur son premier roman, la double vie de Pete Townshend.

──── Le roman ────



— Dîtes donc, Christophe Sainzelle, votre roman, là, la double vie de Pete Townshend, ça m’a tout l’air d’être rudement autobiographique, non ?

— Hey, pas du tout, hein ! Je n’ai rien à voir là-dedans, moi !

— Vous n’avez jamais eu de blouson de cosmonaute gris ?

— Depuis l’âge de dix ans, je suis un dandy fou arpentant les rues de Carnaby !

— Donc, les Who, Pete Townshend et tout le reste, ça n’a jamais existé ?

— Ce sont mes parents qui écoutaient ça. Et toute la clique pop de l’époque. Moi je filais dans ma chambre danser sur Edgar Varèse ou Debussy.

— Alors, pourquoi ce roman ?

— Eh bien, il y a ce doute qui m’a toujours tiraillé. Qu’avais-je à voir avec cette famille un peu trop excentrique à mon goût ? En fait, d’après mes déductions, il se pourrait bien que je sois le fils d’Igor Stravinski. Vous saviez qu’il était passé à Château-Thierry en 1966 ?

────  Extraits  ────


Ma mère s’est écroulée sur le lit. Elle a fait plusieurs prières, promis un pèlerinage à Fatima, mais ce qu’elle redoutait s’est produit. Pourtant, j’avais juste voulu la réconforter:

You take away the breath I was keeping for sunrise…, j’ai susurré.

Elle a senti qu’une chose horrible était en elle.

La veille encore, elle ne connaissait rien à la sexualité, mais elle savait qu’une aiguille à tricoter ne servait pas qu’à réaliser des layettes et des chaussons de bébé. Seul lui échappait le moment où il était techniquement possible de commencer un avortement et surtout de le réussir.

Elle a enfoncé l’aiguille avec rage, tentant de m’atteindre. J’ai hurlé, surpris:

— Arrête ! Fais pas ça !

Elle n’a rien entendu. Elle a recommencé avec encore plus de férocité, serrant les dents pour ne pas crier sous la douleur.

— Barrons-nous à Londres ! Pete nous recueillera !, j’ai braillé.

J’ai remué comme jamais. À peine conçu, je savais déjà faire de grands moulinets avec les bras.

Elle s’est acharnée. Du sang coulait le long de ses jambes. Mais je bougeais toujours, mes sauts me propulsant d’un bout à l’autre de son utérus, comme si j’étais sur la scène du Marquee:

I’m not trying to cause a b-big s-s-sensation, j’ai imploré.

Et puis, elle a compris qu’elle n’y arriverait pas. J’étais pire qu’un démon. Elle ne se rendait juste pas compte de la chance que j’avais eue qu’un spermatozoïde de Pete Townshend soit venu s’échouer là.


C’est sur Baba O’Riley, la chanson d’après, que les choses se sont corsées. Les premières boucles de synthétiseur à peine entamées, j’ai déboulé sans crier gare dans le studio d’enregistrement de Pete Townshend dans sa maison de Twickenham.

— Tiens, fiston, il a dit, tu as fini par trouver où j’habitais.

Il était en train de fixer une bande audio sur son magnéto 8 pistes.

— J’étais sûr que tu y arriverais.

Je le regardais, interdit, ne sachant quoi lui dire. Lui n’avait pas du tout l’air surpris de ma présence.

— Je suis désolé pour ta mère, il a fait. Elle n’était pas comme ça le jour où je l’ai connue, crois-moi. La vie vous fait parfois tellement de misères que les gens changent.

J’étais prêt à gober n’importe quoi du moment que ça sortait de sa bouche.

— Je bosse sur Who’s Next, il a poursuivi. Je pars sur quelques notes de synthé que je passe dans cette machine, là. Elle me restitue des nappes de son répétitives et je brode là-dessus.

Il m’a montré comment il procédait.

— Tu veux essayer ?

Il ne m’a pas laissé le temps de répondre. Il a pris mon doigt et l’a posé sur son Laurey TLO-R Organ. De son autre main, il a lancé l’enregistreur. La petite mélodie a rapidement pris forme, mélange de nos deux sensibilités d’artiste sensas.

— Pas mal, il a dit, en souriant. T’es doué, fiston. Je suis bien content d’avoir fait un détour par Château-Thierry !

Il m’a fait une accolade.

Il a ramené un peu la bande en arrière et l’a filtrée dans sa machine. Ce qu’il en est sorti était redoutable en termes de nouveauté et de créativité.

— Ouais, c’est vraiment très bon ! Je vais le garder pour l’album. J’en ferai le sommet du disque.

J’étais assez fier de moi.

J’étais prêt à lui soumettre quelques idées musicales que je venais d’avoir quand le cri de Daltrey sur Won’t get fooled again m’a sorti de ma torpeur:

  Yeah!

  Meet the new boss

  Same as the old boss

Clic, a fait le bras délicat de la chaîne. J’ai émergé avec difficulté comme si je sortais d’une semaine d’anesthésie générale.


Erika Kaukonen était terriblement blonde, et ses yeux, bleu pâle. Les tâches de judas lui envahissaient le visage et sa paroi dentaire légèrement proéminente, mais d’un rose délicat, éclatait au grand jour quand elle souriait.

Dans le couloir, j’ai bravé ma timidité:

— Tu viens de quel pays ? C’est pas courant Kaukonen.

— Mon grand-père était finlandais. Il est venu en France dans les années trente et il s’y est installé. Je ne l’ai pas connu. Il est mort avant ma naissance.

À part une collégienne aztèque ou maya, genre Chipatua ou Nochtli, je n’aurais pu mieux tomber.

Encouragé par ce début prometteur, je lui ai posé la seule question qui permettrait de savoir si nous étions vraiment faits l’un pour l’autre.

— Tu connais les Who ?, je lui ai demandé.

Elle n’a pas paru surprise.

— Euh…, c’est un groupe de rock, c’est ça ?

J’avais mis dans le mille !

— Oui oui ! Le meilleur groupe du monde, bien loin devant les Beatles, j’ai fanfaronné.

Elle a souri devant mon audace.

— Je crois que ma sœur a quelques albums d’eux à la maison.

Mince, tout le monde semblait avoir eu un disque des Who sauf moi !

Elle m’a mis le coup de grâce:

— Je les écouterai quand je rentrerai chez moi, en fin de semaine. Je te dirai si ça m’a plu.

J’étais aux anges. Cette fille avait été déposée dans la cour du collège pour moi. Qui sait si le rayon rouge, dépassant sa fonction, n’était pas derrière tout ça ?

J’ai fait la roue devant elle comme un paon superbe et inspiré:

— Tu sais que Pete Townshend, leur guitariste, a joué un rôle dans un petit film d’étudiant en art en 1968. Lone Ranger, ça s’appelle. Il en a même fait la musique !

— Euh…

La sonnerie a retenti avant que je ne puisse lui expliquer les détails de ce rare épisode des Who que le rayon m’avait confié.

Encore une ou deux conversations de cette nature et j’allais pouvoir lui révéler mes origines anglaises.

────  L'editeur  ────

Editions Territoires Témoins

Les Éditions Territoires Témoins racontent de préférence les histoires extraordinaires de gens ordinaires. Et inversement. Romans d'amour-haine, passages à l'acte, récits d'addictions, fuite dans l'imaginaire, nouvelles d'exotisme et de perversion, recherches et plaisir du texte. Le monde est fou, la littérature est le dernier refuge pour en rire et pour savourer le délire ambiant. Territoires Témoins publient de nouveaux auteurs qui privilégient la qualité d'écriture au service de fictions fortes en passion et subversion.


L’auteur tient à préciser qu’il n’a rien, mais alors vraiment rien contre les puissantes multinationales américaines qui écrabouillent le sympathique petit commerce de proximité. (Celui où la vendeuse vous sert dénudée et avec un si beau sourire.) Quand l’auteur tape son nom dans Google (désolé pour le petit moteur de recherche de proximité) et qu’il tombe sur la page Amazon où son livre est vendu, il s’extasie de la débrouillardise de ces fumiers d’Américains.

Pour procurer une Big sensation à l’auteur, c’est ici:    

──── Influences ────

Pour découvrir les ingrédients nécessaires à l'élaboration de La double vie de Pete Townshend, cliquez sur les images

────   Presse   ────

"Pete Townshend en père de substitution sera-t-il à la hauteur de ses bonds sur scène ?"
Agnès Léglise, Rock & Folk


"Pour un coup d'essai, c'est un coup de maître. Même pas besoin de connaître les Who pour se délecter de la Double vie de Pete Townshend."
Valérie Susset, L'Est Républicain


"La suite bouleverse, tant elle sonne juste."
Longueur d'ondes


"Who est mon père ?"
Poly


"Une écriture fluide, allant à l'essentiel. Le livre se dévore."
L'union

─── Chroniques ───

"On ne décroche pas, tant par l’attrait des évènements que par le style, très fluide."
Les Vendangeurs littéraires


"Ce court roman d'une jeune vie se dévore en quelques heures, et distille en nos veines plaisir et poison mêlés : la marque des lectures qui comptent."
Sens Critique


"Pour un premier roman, c’est une sacrée réussite. Christophe Sainzelle a une plume efficace, et une maîtrise de l’humour qui m’a fait physiquement rire à plusieurs reprises."
Survivre la nuit


"Oui La double vie de Pete Townshend est un livre spécial."
JESUISMY GRAND-EST


"Frais, pétillant et plein d'humour. (...) Une excellente lecture pour vos vacances."
micmag.net


"Un roman initiatique, à la fois tendre et lucide, sur l'acquisition de la maturité."
Burn Your Life


"Christophe Sainzelle a réussi une double prouesse."
Mots pour mots


"Il est écrit dans un style sec et nerveux dans lequel l’humour, le second degré et l’ironie sont toujours présents."
Autour d'un livre


"C'est palpitant, mais attention à ne pas dépasser la dose prescrite de Temesta !"
Vivonzeureux


"Un génie bientôt reconnu."
Groupie